Le consentement, si on en parlait ?​

Comme vous le savez probablement, la Loi n° 2025-1057 du 6 novembre 2025 a modifié la définition pénale du viol et des agressions sexuelles en y incluant la notion de consentement (cf. article ci-dessous).

Mais concrètement cela veut dire quoi « consentir » ?

Selon l’Académie Française il s’agit d’« acquiescer à quelque chose, adhérer à la volonté de quelqu’un, trouver bon, vouloir bien ».

Plus simplement, consentir signifie dire « oui » à ce qui est en train de se passer.

On peut entendre :

  • « Mais en couple on ne dit pas explicitement que c’est oui »
  • « Ça se voit quand quelqu’un est d’accord ou pas ».

Mon avis ?

Effectivement, si je n’ai pas grandi au fond des bois sans aucun contact humain j’arrive (plus ou moins) à décoder les signes qui me font pencher vers un « oui » plutôt qu’un « non ». C’est ce qu’on appelle le langage non verbal (expression du visage, crispation ou non du corps…).  Néanmoins, il arrive que cela ne soit pas toujours évident !

Mais alors comment faire me direz-vous ?

Idée dingue : poser la question !

Un simple « Tu es d’accord ? » ou « Est-ce que je peux faire cela ? » permet de clarifier la situation pour tous les protagonistes et établit une relation de confiance entre elles/eux.

A faire dès que j’ai un doute ou que je veux tenter quelque chose. À tout moment. Car il faut garder en tête que le consentement est révocable.

Exemple : j’avais très envie de manger un morceau de fromage il y a 1 heure mais maintenant l’envie est passée donc… attention spoiler… je ne mange PAS de fromage.

C’est pareil pour les relations sexuelles. Un « oui » peut devenir un « non ». Et ce « non » mérite d’être respecté. Immédiatement. Sans débat. Sans négociation. Sans « oui mais ».

Pour mieux comprendre, voici une vidéo qui explique cela clairement et simplement en faisant une analogie avec le thé.

Et si vous voulez aller plus loin, écoutez le podcast “Céder n’est pas consentir” (Un podcast à soi, ARTE Radio), qui montre à travers des témoignages d’enfants, de jeunes et d’expert·es, pourquoi céder à quelque chose ne veut pas dire que l’on a consenti.

Récapitulons les caractéristiques du consentement (selon info.gouv.fr) :

  • LIBRE : sans contrainte ni pression (le chantage affectif en fait partie !).
  • ÉCLAIRÉ : impossible sous l’emprise de drogues, d’alcool, ou en situation de vulnérabilité (par exemple si la personne est inconsciente ou endormie).
  • SPÉCIFIQUE : consentir à un acte n’est pas consentir à tous les actes.
  • PRÉALABLE et RÉVOCABLE : car dire oui une fois ne signifie pas dire oui pour toujours.

Cela vous semble évident ? Pour moi aussi.

Mais pas pour certains*, la preuve en chiffres :

Selon l’observatoire de la violence faite aux femmes, en 2023, 277 000 femmes de 18 ans et plus ont été victimes de viols, tentatives de viol et/ou agressions sexuelles. Il s’agit là d’une estimation minimale !

*Et oui j’ai écrit certains et pas certain·es car les chiffres parlent d’eux-mêmes :

Ces données proviennent du Service Statistique Ministériel de la Sécurité Intérieure (SSMSI) et datent de février 2026. On constate que 95% des auteurs de violences sexuelles sont des hommes. Et concernant les victimes, nous sommes à… suspense… 85% de femmes.

De plus, il est important de garder en tête que ces chiffres proviennent des plaintes enregistrées par les services de sécurité et que, toujours selon le Ministère de l’Intérieur, seules 6% des victimes majeures de violences sexuelles physiques (viol, tentative de viol ou agression sexuelle) et 2 % des victimes de violences sexuelles non physiques (harcèlement sexuel, exhibition sexuelle ou envoi d’images à caractère sexuel non sollicitées) déclarent avoir formellement porté plainte suite aux faits qu’elles ont subis.

On comprend donc que le nombre réel d’agressions sexuelles est en réalité fortement supérieur.

Alors non, le consentement n’est pas à prendre à la légère !

C’est un vrai sujet, sur lequel nous devons toustes nous interroger — et aborder dès l’enfance, car les mineur·es sont malheureusement souvent victimes d’agressions sexuelles.

Mais ça, ce sera l’objet d’un prochain article.

À très bientôt,

Karine – Voies de Femmes

Bonus pour celles et ceux qui préfèrent un format illustré, voici une BD du Projet crocodiles claire et pédagogique sur le consentement :

Et pour sensibiliser les ado et préado à la notion de consentement, le département a créé un consentomètre :

Sources

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